On me demande souvent pourquoi j’ai choisi de développer plusieurs entreprises en parallèle plutôt que de concentrer toute mon énergie sur une seule. La question est légitime, et la réponse tient en une phrase : je considère l’entrepreneuriat comme un moyen de résoudre des problèmes, pas comme une fin en soi. Or les problèmes que je voulais adresser ne se logeaient pas tous dans le même secteur.
Des métiers différents, une même exigence
Studio KIO, La Terra Cotta, La Vida Loca, Boutique LUI et Triple Pulse n’ont pas le même métier. L’image de marque, la restauration, l’hôtellerie, la mode masculine et l’événementiel obéissent à des logiques distinctes, à des rythmes distincts, à des clients distincts. Mais toutes ces maisons répondent à la même exigence : livrer un niveau de qualité qui n’a pas à s’excuser d’être africain.
C’est cette exigence, et non un secteur, qui constitue le fil conducteur. Une chambre d’hôtel bien pensée, une assiette bien dressée, un costume bien coupé, une soirée bien orchestrée, une image bien cadrée : ce sont les mêmes réflexes de rigueur appliqués à des matières différentes.
Ce que la diversité apporte réellement
Travailler sur plusieurs terrains à la fois n’est pas une dispersion si les entreprises se nourrissent entre elles. Une agence événementielle apprend beaucoup en travaillant avec un restaurant. Un hôtel progresse au contact d’une maison de création qui sait raconter une histoire en images. Une boutique de mode affine son sens du détail en observant comment un lounge accueille ses clients.
Chaque projet devient un laboratoire pour les autres. Les erreurs commises quelque part évitent de les répéter ailleurs, et les bonnes pratiques circulent plus vite qu’elles ne circuleraient entre entreprises étrangères les unes aux autres.
La condition à respecter
Cette approche n’a de sens qu’à une condition : chaque entreprise doit pouvoir tenir debout sans moi. Si une structure dépend de ma présence quotidienne pour fonctionner, ce n’est pas une entreprise, c’est un emploi que je me suis créé. Construire en parallèle oblige donc à structurer, à déléguer, à documenter, à faire confiance. C’est contraignant, et c’est précisément ce qui rend l’ensemble solide.
Lorsqu’une vision est portée avec rigueur, elle peut transformer durablement son environnement.